La Nyanga pourrait tirer plusieurs avantages de l’exploitation de la potasse de Banio, située dans le département de la Basse-Banio. Si les perspectives économiques sont importantes, le véritable enjeu sera de transformer cette activité minière en un moteur de développement pour l’ensemble de la province.
Le premier bénéfice attendu concerne l’emploi. Le développement du projet pourrait ouvrir des débouchés aux jeunes Gabonais dans différents domaines : exploitation minière, maintenance industrielle, transport, logistique ou encore services. Pour que les habitants de la Nyanga puissent saisir ces opportunités, il faudra cependant anticiper les besoins de l’entreprise et mettre en place des formations professionnelles adaptées. Le recrutement local devra également occuper une place importante dans cette dynamique.

Les entreprises de la province pourraient, elles aussi, trouver leur place dans cette nouvelle activité. À Mayumba, Tchibanga et dans les autres localités, les petites et moyennes entreprises pourraient intervenir dans la restauration, l’hébergement, le transport, la construction ou la fourniture de matériel. Cette sous-traitance locale permettrait de faire circuler une partie des revenus générés par le projet au sein de l’économie provinciale.
Les infrastructures constituent un autre enjeu. L’amélioration des routes, le développement des installations portuaires de Mayumba et le renforcement des réseaux d’eau et d’électricité pourraient accompagner l’essor de cette industrie. Ces équipements ne devraient pas être destinés aux seuls besoins de la mine. Ils pourraient également faciliter les échanges commerciaux et soutenir des secteurs comme la pêche et l’agriculture, qui font vivre de nombreuses familles dans la région.
Mais cette perspective de développement ne doit pas occulter les préoccupations environnementales. La lagune Banio, les ressources halieutiques et les activités des communautés riveraines doivent être protégées. Les populations concernées doivent être informées des différentes étapes du projet et associées aux décisions susceptibles d’affecter leur environnement et leurs activités.

La question du partage des retombées mérite également une attention particulière. La mise en place d’un mécanisme transparent de financement des projets communautaires pourrait permettre de consacrer une partie des bénéfices économiques au développement de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat local.
Pour la Nyanga, l’enjeu dépasse donc la seule exploitation d’une ressource minière. Il s’agit de faire en sorte que le projet de Banio ne se limite pas à produire et à exporter de la potasse, mais qu’il contribue aussi à créer des emplois, à développer les entreprises locales et à améliorer les conditions de vie des populations. Car au bout du compte, la réussite de ce projet se mesurera aussi à ce qu’il aura changé dans le quotidien des habitants de la Nyanga.
P. SAMBA




















