Le scénario avait tout d’un piège. Face au pays hôte, porté par son public et bien décidé à réussir son entrée dans la compétition, le Gabon savait qu’il lui faudrait bien plus que du talent pour espérer repartir de Douala avec la victoire. Il fallait de la maîtrise, de la solidarité et surtout une force mentale à toute épreuve. Les Panthères ont répondu présent.
Dès le premier quart-temps, les deux équipes se sont livré un duel serré. Les Gabonais ont tenu tête aux Lions, répondant à leur intensité pour conclure cette première période sur un score de parité (19-19). Mais l’équilibre n’allait pas durer.

En manque de concentration et pénalisés par plusieurs fautes, les hommes de Johd Masnoudji ont progressivement perdu le fil. Plus adroits à trois points, les Camerounais ont profité de ces approximations pour creuser l’écart. Malgré un temps mort destiné à remettre son équipe sur les rails, le sélectionneur gabonais n’a pu empêcher la déferlante adverse.
À la pause, le tableau d’affichage était sans appel : 42-31 pour le Cameroun. Onze points de retard. Dans une salle acquise à la cause des Lions, la tâche s’annonçait particulièrement difficile pour les Panthères.
Mais le Gabon n’avait pas dit son dernier mot.
Au retour des vestiaires, le visage de la sélection gabonaise a changé. Plus agressifs en défense, mieux organisés et plus déterminés dans les duels, les Panthères ont progressivement réduit l’écart. Le collectif a repris ses marques, tandis que les Camerounais, jusque-là en confiance, ont commencé à subir la pression adverse.
Le Gabon est revenu dans la partie, jusqu’à reprendre l’avantage, avant de voir son adversaire recoller au score. À l’issue du troisième quart-temps, les deux équipes étaient de nouveau à égalité (59-59). Tout restait à jouer.
Dans cette rencontre à rebondissements, les hommes de Masnoudji avaient réussi l’essentiel : effacer leur retard et ramener le Cameroun dans une confrontation où chaque possession allait désormais compter.

Le dernier quart-temps a été celui des nerfs et du courage. Darcy Makambo, plus incisif, a apporté une contribution précieuse après un début de match difficile. Mais c’est surtout le jeune meneur Hermann Boukosso qui a marqué les esprits.
Audacieux dans ses prises d’initiative, percutant balle en main et capable de faire la différence sous pression, le jeune Gabonais a pesé sur la défense camerounaise au moment où son équipe en avait le plus besoin. Par son activité et son sang-froid, il a incarné la révolte des Panthères et contribué à faire basculer une rencontre longtemps indécise.
Autour de lui, le groupe a tenu bon. Le cinq majeur composé de Moupomo Lendagha, Siby Omar, Meyeh, Jarode Aworet et Styve Ndong a posé les bases du combat, tandis que les rotations, notamment Boukosso et Makambo, ont apporté de nouvelles solutions dans les moments décisifs.
Au terme d’une fin de match sous haute tension, le Gabon a finalement eu le dernier mot : 83-80. Une victoire arrachée sur le parquet de Japoma, au nez et à la barbe du pays organisateur.
Au-delà du résultat, cette victoire récompense la capacité des Panthères à se relever après une première période difficile. Menés de onze points, les Gabonais ont su corriger leurs insuffisances, retrouver leur intensité défensive et faire preuve de caractère dans les dernières minutes.
Ce succès lance idéalement leur campagne qualificative pour l’AfroCan 2027 et leur offre une occasion de confirmer dès leur prochaine sortie. Le rendez-vous est fixé à ce dimanche face au Congo. Une nouvelle victoire permettrait au Gabon de valider son billet pour la phase finale.
Après avoir fait tomber le Cameroun sur ses terres, les Panthères ont désormais une mission claire : transformer cet exploit en qualification. À Douala, elles ont prouvé qu’elles avaient les ressources pour bousculer la hiérarchie. Reste à confirmer.
JBA




















