À Tchibanga, le développement de la Nyanga se prépare désormais à l’échelle du territoire. En séjour dans la capitale provinciale depuis mercredi, Louise Pierrette Mvono entend poser les bases d’une planification qui ne se limite pas aux grandes orientations nationales, mais qui tient compte des besoins et des potentialités propres à chaque département.
Au cœur de cette mission : l’élaboration du plan provincial de croissance et de développement de la Nyanga, ainsi que des plans locaux de développement. L’objectif est de faire émerger une feuille de route cohérente, capable d’accompagner la transformation économique annoncée de la province tout en répondant aux attentes des populations.

La Nyanga se trouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs projets susceptibles de modifier en profondeur son paysage économique. Exploitation de la mine de Milingui, développement de l’industrie du marbre, projet d’usine de potasse ou encore port en eau profonde de Mayumba : autant d’investissements qui placent la province parmi les territoires appelés à jouer un rôle important dans la dynamique de croissance du pays.
« Nous avons un plan national de croissance et de développement avec des objectifs spécifiques et, pour la province de la Nyanga, il y a énormément d’enjeux », a souligné la ministre, citant notamment ces différents projets structurants.
Mais pour Louise Pierrette Mvono, l’enjeu ne consiste pas uniquement à accueillir des infrastructures et des investissements. Il s’agit surtout d’anticiper leurs effets sur le territoire et de faire en sorte que la croissance générée puisse bénéficier durablement aux populations.
Cette anticipation passe notamment par la formation et l’employabilité des jeunes. Les futurs grands chantiers nécessiteront une main-d’œuvre importante et des compétences adaptées aux nouveaux métiers qui devraient émerger dans la province.
« Les jeunes qui vont aujourd’hui à l’école doivent développer des compétences qui vont leur permettre non pas seulement de bénéficier, mais aussi d’être acteurs de ce grand développement », insiste la ministre.

La mission ministérielle entend également rompre avec une approche exclusivement descendante de la planification. Les prochains travaux doivent réunir responsables administratifs, élus locaux et opérateurs économiques afin d’identifier, au plus près du terrain, les priorités et les contraintes auxquelles la province reste confrontée.
Préfets, maires, conseillers départementaux et représentants du secteur privé sont ainsi appelés à prendre part aux échanges. Une concertation jugée indispensable pour faire converger les initiatives et éviter que les différents projets ne soient pensés séparément.
L’ambition est claire : arrimer les réalités locales aux objectifs du Plan national de croissance et de développement, tout en donnant aux collectivités et aux acteurs économiques une place dans la définition des priorités.
À travers cette mission, le gouvernement cherche donc à préparer l’après-annonce des grands projets. Car entre la promesse d’investissements structurants et leur impact concret sur la vie quotidienne, un travail de planification reste nécessaire.
La mine de Milingui, le marbre, la potasse et le port de Mayumba pourraient ouvrir une nouvelle séquence économique pour la Nyanga. Encore faut-il que cette transformation s’accompagne d’emplois, de compétences, d’infrastructures adaptées et d’un développement équilibré des différents départements.
À Tchibanga, Louise Pierrette Mvono est venue poser les premières pierres de cette réflexion. La prochaine étape consistera à transformer les ambitions en priorités, puis les priorités en actions concrètes. Pour la Nyanga, le véritable enjeu sera désormais de faire en sorte que la croissance annoncée se traduise, au-delà des grands projets, par une amélioration visible et durable des conditions de vie des populations.
D. NZATSI



















