Le spectacle est à la fois industriel et symbolique : des tonnes de ferrailles, jusque-là considérées comme des déchets, retrouvent une nouvelle vie au cœur de l’usine. Triées, préparées puis introduites dans un four industriel porté à très haute température, elles sont fondues avant d’être transformées et moulées en barres d’acier. Une chaîne de production qui donne ainsi une seconde utilisation à la matière métallique tout en créant de la valeur directement sur le territoire national.

Cette première production intervient alors que le Gabon cherche à renforcer son tissu industriel et à réduire progressivement sa dépendance à certaines importations. En transformant localement les rebuts ferreux, les Aciéries du Gabon s’inscrivent dans cette volonté de développer davantage de valeur ajoutée au niveau national.

L’enjeu dépasse d’ailleurs les murs de l’usine. Une activité sidérurgique de cette nature mobilise toute une chaîne : collecte et récupération des ferrailles, tri, transport, logistique, stockage, maintenance, distribution et commercialisation. Autant de secteurs susceptibles de générer de nouvelles activités pour les entreprises locales et de créer des opportunités d’emploi.

Pour le secteur du bâtiment et des travaux publics, la production locale d’acier représente également un enjeu important. Les barres produites à Port-Gentil peuvent contribuer à répondre à une partie des besoins du marché national, notamment dans un contexte marqué par la multiplication des projets d’infrastructures et de construction.

Au-delà de la production elle-même, le projet porte donc une ambition plus large : faire émerger progressivement une véritable filière autour de l’acier. De la récupération de la ferraille jusqu’à la commercialisation du produit fini, chaque maillon peut participer à la constitution d’un écosystème industriel susceptible de profiter aux PME, aux transporteurs, aux prestataires techniques et aux acteurs de la distribution.

Implantée dans la capitale économique du Gabon, l’usine nourrit également une perspective sous-régionale. Si le marché gabonais constitue la première priorité, la production pourrait, à terme et selon les capacités de l’unité, être destinée à certains marchés d’Afrique centrale.

Le lancement de cette première production constitue ainsi davantage qu’une inauguration industrielle. Il marque le passage à une phase opérationnelle pour une activité appelée à prendre sa place dans la stratégie de transformation locale des matières premières.
À Port-Gentil, la ferraille ne représente désormais plus seulement un déchet. Elle devient une matière première industrielle, avec derrière elle une chaîne de métiers, d’entreprises et d’emplois. Reste désormais à mesurer, dans la durée, la capacité des Aciéries du Gabon à soutenir cette dynamique et à inscrire durablement la production d’acier dans le paysage industriel national.
F. NZAMBA




















